Prix : Said Berrahal
Coup de coeur (ex aequo) : Sandrine Gaillard et Aimé Nouma

Contes du en-dessousde Said BerrahalPlus profond que le dernier des espoirsdans un monde ou le silence le dispute avec le noirexiste une vie qui halète, qui hésite, qui circuleune infinité de riens qui jamais ne se bousculenton raconte que certains disparaissent en un lieuressortent ailleurs avec un peu moins d’euxon raconte que ceci les transporte,de joie ou d’oubli, finalement peu importeMais ils reviennent plus forts, en tout cas plus froidscomme dans une vie ou l’immondice est roion raconte que rien ne les perturbe, c’est certainindifférents a tout, on les appelle interurbainsIls ont une vie de vide du plus bel effetgarantie par la régie qui contrôle les trajetsune vie de labeur sans cesse recommencéune éternité d’ectoplasmes qui ne s’arrêtent jamaisLeur ligne de chance est une correspondancevers la ligne 6, 8 ou douze, mais toujours sans dévianceils sont les usagers du métropolitainceux qui croient vivre mais pourtant ne voient rien
Les Lignes du Métropolitainde Sandrine GaillardJe trace les lignes du MétropolitainComme les sillons profonds qui parcourent ta mainVoies souterraines sous les jupes de la villeRegard lointain sur ton visage si tranquilleIl tousse et se grippe le MétropolitainIl ondule pourtant malgré les froids matinsTandis que je te vois toujours l’âme chagrineCombattant je ne sais quelles pensées assassinesParle-t-on de vaillance ou simplement d’entrainQuand on pense au long cours du MétropolitainEt si tu suivais ce mouvement incessantPlutôt que de rester perdu dans ton néantJe n’en peux plus de toi qui geint et qui pleurnicheQui condamne le sort qui ne t’a pas fait richeJe me sens, devant ça inutile et stupideIncapable de vaincre en des contrées aridesJe m’en vais, tu le veux, par le fleuve de l’OubliJe me laisse avaler par une bouche qui souritDe Gaieté ou Bel-Air quel sera mon cheminDouce est la compagnie du Métropolitain.
Les légendes du métrode Aimé NoumaConnaissez vous les légendes et les mythos urbainsqui circulent jours et nuits dans le métro parisienAllez laissez moi vous parler d’un jourdainun quatre septembre après l’ère glacièreoù quatre saints placides mais passy volontairesfurent par une porte dorée du ciel renvoyés sur Terrela porte d’orleans menant par un tout petit chemin vertun sentier secret sacré débouchant quelque part "plop" en Europeet où ? au doux pays d’Anatole france...mais non pas à St Tropnon Issy à Paris, belleville de plaisance et de résidence par Exelmansquelle chance, quelle bonne nouvelle pour la France et les franciliensque ces quatre saint mandé(s) en haut et richelieu pour renouer des liensrétablir un pont-neuf entre les cieux et les parisiens qui en avaient bien besoinUn facétieux félix faure dont ne sait quelles infos célestes prophétisaitqu’ils venaient pour sortir les filles du calvaire de devoir nous la faire à l’anversc’est à dire jouer les sainte nitouche, l’oie blanche ou la dame de feret qu’une fois la défense d’être sincère levée saurait s’instaurerconcorde et gaité entre les hordes des parigots moins énervéesde pouvoir exister en totale libertéEn fait c’était quatre saint paul_iciers, back dans notre bel-air viciépour exorciser comme disait st Georges V ou VI cité devenues coupe-gorgeset aussi pour superviser une exceptionnelle assemblée nationalerassemblant toute la république : le pasteur, le cardinal le moinele marchand du temple, le cadet de l’école militaire, l’opéra-teur du télégraphe, quelques maraîchers émissaires de la maison blanche et même madame la poissonnièreUne convention bien plus que nationale, quasi universellecar retransmise en direct dupleix du ciel grâce à Saint marcelOn y annonçait aussi de jeunes et belles abbesses,semble t’il endiablées, qui dit-on dansaient denfertDonc quatre simplon-gés dans notre uni-Vert galant décadentCouronnes de lumière immergées dans nos métro-boulot-dodo de pantin(s)L’église ou la porte !






